« Le texte ne m’intéressait pas toujours énormément. Ce qui me captivait surtout, c’étaient les mimiques et les expressions des personnages. Cette fascination se retrouve très clairement dans mon travail aujourd’hui. Ce n’est donc pas un hasard si je me suis tourné vers le portrait. »
« Derrière chaque œuvre se cache une histoire. J’espère donner envie aux gens de s’arrêter un instant. »
« J’ai toujours eu un côté philosophe. Après mes études secondaires, j’ai suivi une formation d’enseignant en morale non confessionnelle et en arts plastiques. C’est là que mon intérêt pour la morale et la philosophie s’est vraiment développé. J’y ai notamment lu Pour l’éducation de Fernando Savater et Pour en finir avec Dieu de Richard Dawkins. Ce dernier m’a ensuite ouvert les portes de la biologie de l’évolution. Je n’ai jamais été un grand lecteur, sauf quand un livre me permettait de mieux comprendre l’être humain. Ces réflexions, combinées à mon travail et à mes nombreux voyages, ont largement influencé ce que je peins aujourd’hui, mais aussi les raisons qui me poussent à peindre. »
« Énormément de choses. C’est un exutoire, une façon de m’évader tout en restant sur place. C’est aussi une manière de fixer des pensées et des émotions, puis de les partager, avec moi-même comme avec les autres. Je n’imagine pas ma vie sans créativité ni expression. »
« Peindre, c’est une façon de m’évader tout en restant sur place. »
« Bonne question… Ce n’est pas que la beauté ne m’intéresse pas. Je trouve simplement plus passionnant d’aborder des sujets qui mettent un peu mal à l’aise. Et même dans cet inconfort, il y a quelque chose de beau. À moi de réussir à le faire voir au spectateur. »
« Je ne pense pas à quelques défauts précis. C’est plutôt la morale humaine dans son ensemble que j’essaie de comprendre. Pourquoi ? C’est une bonne question. Je crois que j’ai toujours porté un regard assez critique sur le monde. La peinture est sans doute ma façon d’exprimer ce que je ne peux pas, ou ne veux pas, dire avec des mots. Et bien sûr que je reconnais ces facettes chez moi. Je suis d’ailleurs très critique envers ma propre manière de penser et d’agir. Ce qui n’est pas toujours une qualité. »
« Mon métier a toujours représenté bien plus qu’une source de revenus. Il nourrit directement les thèmes que j’aborde dans mon travail artistique. La dimension sociale de mes deux activités est une vraie source d’inspiration et de motivation. Il arrive même que les deux univers se rejoignent très concrètement. Ces dernières années, j’ai participé à plusieurs projets liés à la justice dans les deux prisons de Louvain, et certains ont ensuite donné naissance à des commandes de fresques murales. Donc oui, mes activités se nourrissent parfois très littéralement. J’aime aussi beaucoup participer à des projets collectifs. »
« Tout à fait. L’art ne se limite pas aux musées et aux galeries. Ce serait terriblement réducteur. Je trouve formidable de voir naître des initiatives comme celle-ci. Et l’enthousiasme des commerçants comme des artistes montre clairement qu’il y a une vraie envie de ce genre de projets. »
« Pour vraiment comprendre l’art, il faut connaître l’artiste et son univers. Alors viens me rendre visite dans mon atelier. »
« Pas vraiment. J’aborde cette exposition comme n’importe quelle autre. Ce qui est intéressant, en revanche, c’est que des personnes vont découvrir mon travail sans être spécialement venues pour voir de l’art. C’est pour ça que j’ai choisi de recréer une partie de mon atelier dans le magasin, comme si j’y déplaçais mon univers pendant un mois. J’espère ainsi donner envie aux visiteurs de s’arrêter, de regarder et de découvrir mon travail et ma personnalité de manière très spontanée. »
« J’espère surtout qu’ils prendront le temps de s’arrêter et d’essayer de découvrir l’histoire qui se cache derrière mes tableaux. Dans le meilleur des cas, j’aimerais qu’ils se posent des questions, à eux-mêmes ou directement à moi quand je suis présent. Pour les portraits de Jennifer Heylen ou de Gover Meit, par contre, il n’y a pas vraiment de grande histoire derrière. Je les trouve simplement intéressants et drôles. »
« J’organiserais un grand voyage artistique à travers le monde, avec des visites dans les ateliers de Francis Bacon, Lucian Freud, Caravaggio, Gerhard Richter, Ruprecht von Kaufmann, Nicolas Uribe, Miles Johnston, Norman Rockwell, Denis Sarazhin, Alex Kanevsky, Anna Boch… J’aimerais aussi accorder davantage de place aux artistes femmes et aux artistes africains. Ce serait forcément un très long voyage, parce que je passerais plusieurs jours dans l’atelier de chacun. La raison est simple : pour vraiment comprendre l’art, il faut apprendre à connaître l’artiste, mais aussi le contexte et la culture dans lesquels son travail s’inscrit. »
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