« Le plus grand défi de cette fresque ? Mon vertige ! »
Imagine un peu : on te propose de réaliser une fresque XXL dans notre magasin Juttu à Anvers… alors que tu as le vertige. L’illustratrice Amber Gyselings a affronté sa peur et est montée sur les échafaudages. Le résultat ? De l’art de haut vol !
« J’ai choisi quatre personnages distincts, reliés par les mains. Pour moi, le contact entre des personnes très différentes représente la vie en ville, et c’est ce que je voulais montrer dans mon illustration. Ces mains sont aussi un clin d’œil subtil au symbole emblématique d’Anvers. L’illustration se lit comme un cercle. J’y ai également intégré, comme je le fais souvent, de petites histoires cachées qui donnent envie de s’y attarder un peu plus longtemps. »
« Le diamant bien sûr, mais aussi un café et un petit gâteau, car la ville regorge de super bars à café. Le week-end, on peut danser pendant des heures ou flâner tranquillement sur le marché aux oiseaux (Vogeltjesmarkt). Pour moi, c’est ça Anvers. Et tous ces clins d’œil correspondent aussi très bien à l’esprit de Juttu. »
« Absolument. Je passe régulièrement chez Juttu. J’aime travailler avec la couleur, mais j’aime aussi m’habiller de façon colorée. De plus, je fais rarement mes achats dans de grandes chaînes. Juttu correspond parfaitement à mon style personnel. Je voulais donc absolument que mon illustration intègre l’énergie colorée, positive et dynamique du magasin. J’ai volontairement choisi des tons pastel très vifs, du jaune fluo au rose, qui contrastent joliment avec le bleu foncé. Et bien sûr, j’ai habillé les personnages avec des tenues qui en jettent. »
« J’adore glisser de petites histoires dans mes illustrations pour que le regard s’y attarde un peu plus longtemps. »
« Coloré, sans aucun doute. Mais même si j’utilise des couleurs vives, mes illustrations dégagent quelque chose d’intime. J’aime capturer des moments ordinaires, comme une petite pause offerte au regard dans ce monde agité. Mes personnages sont souvent solitaires, parfois même un peu obstinés. »
« Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je remarque que ce type de personnages revient souvent dans mon travail. Ils sont chacun un peu dans leur propre monde, et en tant que rêveuse, je m’y reconnais. J’ai aussi un côté extraverti et j’aime le contact social. C’est pour cela que je travaille à temps partiel dans un magasin depuis quatre ans : cela me permet de rencontrer des gens très différents. Mais quand je dessine, je me retire complètement dans ma bulle. »
« J’avais déjà réalisé une petite peinture murale, mais ce format – près de 12 m² – était totalement nouveau pour moi. J’ai donc travaillé en quatre sections plus petites pour que cela reste gérable. Beaucoup de mes amis réalisent régulièrement des fresques, et, grâce à leurs conseils, j’étais bien préparée.
Le plus grand défi a peut-être été de travailler sur l’échafaudage malgré mon vertige. Les premières heures, j’avais les mains moites (rires), mais je me suis concentrée entièrement sur la fresque et, au bout d’un moment, je m’y suis habituée. C’est chouette, car ce projet m’a appris que je pouvais regarder surmonter ma peur ! »